Nous publions ici des réflexions préliminaires issues d'échanges au sein d'un groupe de travail animé par M. Raymond Pannetier, récemment disparu.
Elles peuvent servir à préciser les objectifs d'un groupe de travail "Déterminisme et probabilisme".
Les lecteurs intéressés sont priés de se faire connaître au Secrétariat de l'IEC et de faire part de leurs observations et suggestions.
Il faut évaluer pour décider, en matière de Sécurité comme dans les autres secteurs. On fait appel à des grandeurs cindyniques.
Pour déterminer les valeurs de ces grandeurs, on a recours à la métrologie, qui englobe tous les aspects du mesurage. Ces aspects sont théoriques et pratiques. Le mesurage concerne toutes les opérations à effectuer en vue de déterminer la valeur d'une grandeur.
1 - Domaines
On peut distinguer quatre grands domaines qu'on doit aborder de façons différentes (méthodologies, outils d'évaluation, ...). Ils évoluent avec les connaissances et les moyens.
Une même discipline peut relever de plusieurs domaines. Ces domaines sont les suivants :
C'est celui des sciences exactes, justifiables en général de formules mathématiques (ex : mécanique céleste).
Les réponses s'expriment par des probabilités, auxquelles il faut associer des intervalles de confiance, qui doivent résulter de la convergence d'indicateurs qui permettent de rapprocher des cas différents déjà recensés (a travers une banque de données).
La médecine appartient à ce domaine, la météorologie et la qualité et sécurité industrielles (la médecine deviendra déterministe ...) aussi.
Les indicateurs deviennent en médecine des symptômes. (Il y a une progression : (instruments, étalons, indicateurs, références, statistiques, indices, intentions, absence de références) de divers niveaux : de crédibilité, pour chaque donnée (brute, contrôlée, comparée, analysée, réutilisée, validée, révisée, actualisée...))
La mécanique quantique est aussi probabiliste.
C'est le domaine de l'incertitude. On y recueille des indices liés à des cas d'espèces. On ne peut que faire des hypothèses. On est dans le cas de la précaution érigée en principe.
Ce sera celui de la recherche exploratoire (SIDA) et celui de la sécurité des systèmes complexes, des crises et enquêtes de police, etc...
Les appréciations portées sont aussi fonction de l'époque, de la culture, etc...
C'est l'imprévisible, en matière d'hommes, de situations. Il faut l'imaginer si on veut se protéger, après l'échec de la prévention (ex : la 3ème barrière des réacteurs).
En conclusion tout événement impliquant la sécurité est probabiliste. Il relève de l'hyperespace du danger, car il faut aussi nécessairement faire intervenir les dimensions relevant des sciences humaines.
2 - Méthodologie cindynique
On en est aux interprétations les plus simples, à partir des observations.
Le "descriptif" permet de constituer des "banques de données" factuelles. On dénombre et on essaie de classer. Il faut aller plus loin dans la maîtrise des risques d'où la proposition d'une "réflexion synthétique sur la métrologie dans le domaine probabiliste après l'analyse fonctionnelle de ses composantes" :
Il faut des références qui viennent à partir des retours d'expérience. On recense les facteurs.
- Site : activité, installation, exploitation (personnel, compétence...)
- Événement et comportement des actants
typologie, produits, conditions d'emploi environnement (y compris météo)
- Analyse des défaillances (équipements et personnel)
- Intervention
- Conséquences et suites :
- Installations : dégâts, privation d'usages
- Personnel : morts, blessés graves et légers
- Environnement : physique, populations...
Toutes données requises par la modélisation (simplificatrice, avec restrictions inévitables d'interprétation) :
- énergie en jeu et répartition spatio temporelle- données géométriques, environnement
- nuisances : toxicités, produits, contamination et pollution.
Francis DELOBEAU
© Institut Européen de Cindyniques- Lettre n° 23 - Août 1997