Etude descriptive et surveillance des manifestations symptomatiques rapportées par les consommateurs de boissons commercialisées par la marque Coca-Cola en juin 1999

 

Résumé

Introduction

Suite au signalement par les autorités belges de problèmes de santé rapportés par des consommateurs de boissons de la marque Coca-Cola, fabriquées à Anvers, Gent et Dunkerque, la commercialisation de ces boissons était suspendue en France le 15 juin 1999 et les Centres Anti-Poisons (CAP) mis en alerte.

A partir de cette date, les CAP et le service consommateur Coca-Cola recevaient un afflux d'appels rapportant des troubles de la santé. Les analyses microbiologiques et toxicologiques ainsi que l'expertise des procédés de fabrication et des contrôles de qualité permettaient d'exclure l'hypothèse d'une contamination lors de la fabrication ou du conditionnement. Cependant, des incertitudes subsistaient sur les risques de contamination au niveau du stockage et de la distribution. La DGS, les C A P et l'InVS mettaient alors en place une surveillance épidémiologique dans l'objectif de :

1) décrire le phénomène,

2) observer le retour à la normale,

3) détecter l'apparition de cas groupés aux fins d'éventuelles investigations.

Méthode

Un cas " allégué " était défini comme toute personne ayant signalé aux CAP ou au service consommateurs Coca-Cola, des problèmes de santé après l'ingestion de produits de la marque Coca-Cola, à partir du 14 juin 1999. Les informations concernant les plaintes sur la qualité des produits ainsi que les données de consommation et de distribution ont été recueillies auprès de la société Coca-Cola. Une première analyse a été effectuée pour la période du 14 juin au 5 juillet.

Résultats

Au total, 1930 cas ont été recensés dont près de la moitié signalés les 16 et 17 juin. Les symptômes les plus fréquemment rapportés étaient des douleurs abdominales (54%), diarrhées (34%) et céphalées (30%). Le délai entre la dernière ingestion et l'apparition des symptômes variait de une heure à plu sieurs jours. Le nombre de cas rapportés au million de litres distribués etait plus élevé dans le Nord de la France (9,26) et plus faible dans le Sud-Ouest et le Sud-Est (respectivement 3,7 et 3,2). La fréquence des cas variait avec l'âge (p< 10-5) ; la plus élevée concernait les consommateurs âgés de 30 à 39 ans et la moins élevée ceux âgés de 12 à 19 ans. Pour ces derniers, la fréquence des cas tendait à être plus élevée chez les hommes (p = 0,08).

Les résultats de l'étude résumés ci-dessus ont fait l'objet d'une présentation par Martine Ledrans, Epidémiologiste au Département Santé-Environnement de l'Institut de Veille Sanitaire, lors de l'Assemblée Générale de l'Institut Européen de Cindyniques du 2 mars 2000.

Au cours et à la suite de cette présentation, les points suivants ont pu être discutés quant à l'origine de ce phénomène épidémique :

 

 

Martine Ledrans, Henriette De Valk, Philippe Germonneau, Quénel Philippe, Institut de Veille Sanitaire, (InVS)

Boudot Jocelyne Direction Générale de la Santé. (DGS)

Ilef Danièle Cellule Interrégionale d'Epidémiologie du Nord Pas de Calais

Grandbastien Bruno Hôpital Calmette de Lille

Garnier Robert Centre Anti-Poisons de Paris

Manel Jacques Centre Anti-Poisons de Nancy

Monique Mathieu Nolf Centre Anti -Poisons de Lille , Pulce Corinne Centre Anti-Poisons de Lyon.

Bibliographie :

1. Nemery B. et al. Dioxins, Coca-Cola, and mass sociogenic illness in Belgium. Lancet 1999 ; 354.

2. Boss L. P Epidemic Hysteria : a review of the Published Literature. Epidemiologic reviews. 1997 ; 19 : 2 : 233-242.

3. Van loock F., Gallay A., Demarest S., Van Der Heyden J ., Van Oyen H. Outbreak of Coca-Cola related illness in Belgium : a true association. Lancet 1999 ; 354 : 680-681.

4. Pouthier D. (letter to the editor) Lancet 1999 ; 354 : 681-682.

       

© Institut Européen de Cindyniques -Lettre n° - 30 - Mars 2000