Insécurité sur
les routes ... dans les rues : les enjeux des risques pour les
jeunes
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Introduction
De quoi meurt-on aujourd'hui sur la planète lorsqu'on a entre 15 et 24 ans ?
Dans le cadre des multiples causes de décès, l'accident de la circulation trouve sa place au sein d'un complexe appelé " la mortalité violente ".
La mortalité violente comprend :
-La mortalité accidentelle : les accidents de la circulation, du travail, domestiques, de sport, scolaires (pour ces trois derniers types, on emploie aussi la définition
" accidents de la vie courante ") ; les suicides ; les homicides.
Toutes les autres causes de décès sont regroupées dans un autre complexe appelé " la mortalité naturelle " et qui recouvre les décès suite à des maladies.
Il n'est pas besoin d'être un grand expert en épidémiologie pour se douter que chez les jeunes, les grandes affections cardiovasculaires, tumorales ou dégénératives étant encore peu présentes, ce sont la mortalité violente et ses transformations entre 0 et 25 ans qui vont constituer le phénomène le plus important
Les données présentées ci-dessous sont extraites d'un Que sais je " la mortalité chez les jeunes " publié aux P.U.F. en Juillet 2001.
A) LES CONSTATS
Schématiquement, on peut distinguer cinq grands types de pays, cinq grandes " manières de mourir " des jeunes ...
1) Un premier groupe de pays, illustré ici par la France, l'Allemagne, le Portugal (et qui comprendrait aussi la plupart des pays de l'Europe de l'Ouest) est caractérisé par une forte prédominance de l'accident de la route qui représente la moitié des décès à lui seul.
Vient ensuite le suicide. L'hécatombe des jeunes sur la route est le prix que nos sociétés fortement motorisées " payent " au Minotaure routier, à l'automobilisme ... .
Ici, le jeune meurt le plus souvent au volant d'une voiture...
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Remarque : la rubrique " autres causes " regroupe de multiples causes de mortalité naturelle (maladies de l'appareil digestif, du système nerveux, des os, etc) dont chacune a peu de poids à cet âge, ainsi que les causes de décès non élucidées.
2) Un deuxième groupe, essentiellement scandinave, illustré ici par la Finlande et la Norvège, est caractérisé par une forte prédominance du suicide, qui vient en quelque sorte " prendre la place " de l'accident de la route. Au-delà des variations saisonnières de l'humeur dues au manque de luminosité qui sont souvent évoquées comme causes de la mélancolie des scandinaves, on peut se demander si ces riches " Etats Providence " qui prennent en charge et " cocoonisent " les individus du berceau jusqu'au cercueil n'altèrent pas le goût de vivre ... lorsque toute aventure ou tout risque est éliminé de l'existence. Certains enfin évoquent la culpabilité plus forte engendrée par le protestantisme ... Ici, le jeune meurt le plus souvent par auto-destruction ...
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3) Un troisième groupe, qui regroupe ironiquement les USA, la Russie, et qui comprendrait aussi la plupart des pays issus de l'ex-URSS, se caractérise par une plus faible présence du suicide et une importance à parts égales de l'accident de la route et de l'homicide.
Ainsi, on sait qu'il existe une corrélation entre la proportion de foyers possédant des armes à feu et le taux de mortalité par arme à feu des 0-15 ans, ce qui jusqu'ici peut sembler évident, mais aussi avec les taux de suicide, d'homicide et d'accidents. Donc, l'accès aux armes à feu entraînerait une augmentation de leur usage dans les suicides, les homicides et les accidents...
Finalement, ce qui réunit " l'ogre capitaliste " et " l'ogre ex-communiste ", c'est une certaine forme d'anomie et de violence latente, particulièrement dans les quartiers pauvres, qui vont engendrer la disponibilité et la fréquence d'usage des armes à feu . Ici, le jeune a autant de " chances " de mourir par une rafale d'armes à feu qu'au volant ...
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4) Un quatrième groupe, illustré ici par l'Azerbaïdjan et la Colombie (mais qui doit comporter bien d'autres pays du Tiers Monde) se caractérise par une forte pré-dominance de l'homicide, reléguant toutes les autres causes à un statut marginal. Ces homicides peuvent être attribués à des causes sociales variables (guerre civile en Azerbaïdjan, guerre en Tchétchénie, criminalité en Colombie, escadrons de la mort au Brésil, vengeances familiales, loi du Talion, terrorisme religieux, etc.). Ici, le jeune meurt quasi exclusivement l'arme à la main ...
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5) Un cinquième groupe ne fera pas l'objet d'un tableau de pourcentages et l'on comprendra aisément pourquoi : il s'agit des pays africains. Dans ces pays, les jeunes meurent beaucoup plus, beaucoup plus précocement, de causes très spécifiques (dénutrition, sida, maladies tropicales) et l'on conviendra que des statistiques africaines sur l'accident de la route ou le suicide en Afrique ne présentent ni validité ni signification
Ces différences pointées par une comparaison géographique pourraient évidemment résulter aussi d'une analyse historique. Chaque époque a sa manière de mourir ; on désigne par le concept de transition épidémiologique les phases historiques où certaines causes de décès perdent ou gagnent de l'importance. Le 19 e siècle et le début du 20 e sont des phases où les maladies infectieuses, et particulièrement la tuberculose, tenaient le haut du pavé. A partir de 1930, les maladies cardio-vasculaires puis les cancers sont venus les supplanter.
Actuellement, ces phénomènes sont en perpétuelle évolution : baisse de la consommation d'alcool et donc des décès liés à l'alcoolisme, baisse des accidents de la route, augmentation du cancer du sein, du cancer du poumon, apparition puis baisse du SIDA, etc. etc. Les transformations du mourir ne s'arrêtent jamais ...
Donc, nous pouvons analyser les transformations de la manière de mourir, non pas uniquement dans le temps, mais également à la même époque, du fait des différences de développement et de niveaux de vie entre les pays ; schématiquement, on peut distinguer trois situations révélant les rapports entre mortalité des jeunes et niveau de vie : dans les pays les plus pauvres, on meurt très jeune, entre 1 et 4 ans, essentiellement de maladies infectieuses et de dénutrition ; dans les pays où le revenu par habitant est moyen, on meurt plutôt entre 5 et 14 ans, et la mortalité accidentelle (de tous types d'accidents) devient très importante, tant en fréquence qu'en importance relative par rapport aux autres causes ; dans les pays riches, on meurt plutôt entre 15 et 24 ans, et la mortalité accidentelle des jeunes diminue. Donc, plus on est riche et plus on meurt tard Les stratégies de prévention doivent évidemment s'adapter à chaque situation.
Pour conclure sur cette comparaison géographique, arrêtons nous un moment sur la mise en miroir de la société française et de la société américaine : alors que dans bien des domaines concernant la jeunesse, notre société a été " coca-colonisée ", à la remorque de l'impérialisme culturel américain (pour les loisirs sportifs ou culturels, les modes, l'audiovisuel, etc), les modes d'expression de la violence et de tolérance vis-à-vis de celle-ci sont restés (jusqu'ici ) fortement divergents : forte intolérance et répression de la violence civile et criminelle en France, mais ambivalence, ambiguïté et laxisme de l'ensemble du corps social français vis-à-vis de la violence routière Forte intolérance et répression de la violence routière aux Etats Unis mais ambivalence, ambiguïté et laxisme vis-à-vis de la violence civile
Ainsi, nous attendons encore qu'au lieu de pousser des cries d'orfraie et d'aller prier à l'église pour que " plus jamais des massacres dans les collèges ne se reproduisent " les Américains changent l'une des législations les plus laxistes de la planète sur l'accès, la disponibilité et l'usage des armes à feu (rappel : pour 260 millions d'américains, 270 millions d'armes à feu et des dizaines de milliers d'homicides) ; de même, des voix de plus en plus nombreuses s'élèvent dans notre pays pour demander la mise en oeuvre de mesures de réduction du risque routier non " cosmétiques " telles que le bridage des moteurs à la construction, la suppression des amnisties ou la mise ne place d'un système de contrôle-sanction qui ne laisse pas échapper 50% des infractions, résurgence moderne et laïque des indulgences cléricales médiévales
Nous avons proposé d'analyser ces différences par le concept de " légitimité de l'expression culturelle de la violence " : la société française ne tolérerait et n'accepterait pas le niveau de criminalité dans les centres-villes et ... les établissements scolaires américains mais tolère et accepte finalement très bien un des niveaux d'insécurité routière les plus élevés de la planète
B) L'INTERPRETATION
L'analyse des causes de mortalité chez les jeunes fait ressortir le problème de la violence : celle-ci est en chacun de nous (le traumatisme de la naissance, l'Oedipe par exemple) et en chaque société ; de tous temps, les êtres humains ont essayé de la canaliser, de la réguler, de la simuler, d'éviter que la violence ne se diffuse à l'ensemble de ses membres. Si les guerres sévissent toujours et parfois à nos portes, un grand nombre de pays industrialisés connaissent depuis un demi-siècle une paix relative, des environnements plus pacifiés que ceux des sociétés pré-modernes. Dans ce contexte, chaque société voit certaines formes de la violence plus acceptées, plus " légitimées " que d'autres : aux USA, les homicides par armes à feu, en France, la voiture, en Finlande le suicide ...
Trois auteurs nous ont aidé à penser le contrôle de la violence :
B.1) René Girard nous a appris que la violence naît de la rivalité mimétique du désir, lorsque deux hommes ou deux groupes désirent le même bien qui ne puisse être partagé, que cette rivalité peut se transmettre à travers les générations, voire même " s'oublier " en se détournant sur des boucs émissaires (afin d'oublier la rivalité...). De ce point de vue, la violence routière est bien une violence de l'individualisme, du repli sur soi des pays riches : chacun de nous devenant de plus en plus possédant, des causes antérieures d'affrontement disparaissent mais la route reste l'un des derniers lieux où l'affrontement est possible, où la violence est " cachée", " permise " Tous les jours, un conducteur vient, au mépris des règles élémentaires de sécurité, se coller derrière votre pare-chocs arrière, en klaxonnant et en faisant des appels de phare, des gestes injurieux . Le message est clair : " ce bout de bitume devant n'est pas à toi, il est à moi car je veux l'emprunter à 160 et non à 130 "Ce comportement, s'il ne se dissimulait pas au sein de ces " bulles-uterus-seconde maison " que sont devenues les automobiles, ne serait plus accepté, plus légitime dans la France d'aujourd'hui
B.2) Norbert Elias nous a appris que la pacification des moeurs et la diffusion de la civilité ont été opérées par deux mécanismes : une mise à distance progressive des hommes et des choses (nous touchons très peu de choses aujourd'hui : on ne mange plus avec ses mains ) et des hommes entre eux (la promiscuité et donc les sources " girardiennes " de conflit se sont fortement atténuées) ; une mobilité sociale " descendante" des valeurs : au cours de l'histoire, ce sont les classes dominantes qui devaient montrer le bon exemple : la noblesse, l'aristocratie puis la bourgeoisie montraient à la classe ouvrière et à la paysannerie le " bon exemple" à suivre
Dans cette perspective " élasienne ", le refoulement de la violence routière se comprend bien aussi : la violence routière est une violence produite par " l'élite " ; prenons l'exemple de la vitesse
Ne sommes-nous pas fiers d'avoir construit le train le plus rapide du monde, le TGV ? (et qui se plaindra de pouvoir traverser la France en quelques heures ?..)
L'avion le plus rapide du monde, le Concorde ? (et qui se plaindra d'être à New York en 3 heures ?...). Le principe de base des télécommunications modernes et de la nouvelle économie n'est-il pas la vitesse ? Plus généralement, nombre de nos concitoyens n'ont-ils pas pour mission de travailler vite ? En ce qui concerne une autre valeur française traditionnelle, la nourriture, n'avons nous pas laissé prise au fast food et au micro-ondes, bref au fait de nous dépêcher pour manger ?...
En ce qui concerne la voiture, même si c'est moins le cas aujourd'hui, les constructeurs ont longtemps utilisé la vitesse et la puissance comme arguments de vente ; au " sommet " symbolique de cet univers, le sport automobile confère aux pilotes, c'est-à-dire aux conducteurs capables de conduire à 300 km/h., la gloire et la fortune
Enfin, sur la route, un sous-groupe de conducteurs appartenant aux strates sociales les plus favorisées (PDG, professions libérales, artistes, sportifs ... hommes politiques ...) se caractérise par la pratique de vitesses élevées, la possession de voitures puissantes et l'hostilité aux mesures de limitations de vitesse ; donc, à la différence de l'infraction-alcool qui est plus souvent commise par des conducteurs appartenant aux milieux défavorisés, le délit de grande vitesse est commis par " l'élite " (dans son sens " d'élite " économique . car si nous prenions comme critère " l'élite " intellectuelle, les conclusions seraient sans doute différentes ) de la société, et on nous savons que la répression des délits de l'élite est difficile ... voire impossible En tous cas, " l'élite " ne montre plus l'exemple . S'identifier à l'élite ne consiste pas à être civil mais à être incivil
Une fois que l'on a dit tout ceci, il ne faut pas s'étonner que sur certains réseaux, la déviance soit la norme, c'est-à-dire qu'il y ait plus de 50% des conducteurs circulant au-dessus de la limite légale ... et qu'au sein des bandes de jeunes, certains soient tentés par les sirènes de la vitesse comme un chemin vers la popularité...
B.3) Enfin, Tocqueville nous a appris que : " plus on fait reculer un type d'inégalité ou d'insécurité, plus le résidu d'inégalité ou d'insécurité devient insupportable pour la population et plus cette dernière développe une aversion pour le risque ".
Donc, les Français ne supportent plus les 500 homicides par an qui " restent " mais tolèrent encore très bien les 8000 tués sur la route ... L'accident de la route devrait donc devenir " insupportable " lorsque nous n'aurons plus que 800 tués... Réciproquement, les Américains développent une répression routière féroce, mais n'envisagent pas pour le moment de modifier leur législation sur les armes à feu ... alors qu'ils en subissent les conséquences quotidiennement ...
Bref, Tocqueville avait bien mis le doigt sur le phénomène en miroir des seuils de tolérance à la violence : la diminution de la violence criminelle augmente la sécurité objective et diminue la sécurité subjective...
On peut penser enfin, en matière d'insécurité biologique, au détachement étonnant vis-à-vis de la mortalité infantile par maladies en Inde ou en Afrique ... étonnant pour un sujet occidental qui n'est plus confronté à un tel risque biologique ...
C) CONCLUSIONS
La France, une société anxieuse ...
Les Français vivent dans un univers qui a éliminé (pour le moment ...) les grands fléaux d'antan (les guerres, les épidémies), où l'on vit de plus en plus vieux et de mieux en mieux (pour une majorité d'entre eux ) , où le niveau de vie continue de s'élever. Alors faut-il voir dans la route le lieu où la violence originelle peut s'exprimer, trouve un terrain d'exutoire ? En dehors de la violence routière, nous pourrions aussi évoquer d'autres maux " bien de chez nous " : alcoolisme, consommation effrénée de médicaments psychotropes (anxiolytiques, antidépresseurs) ou non (pour le moindre bobo, le Français consulte et ... consomme ...), taux de suicides très élevé, rapport névrotique à la vitesse, intolérance à la frustration ...
Tout cela pourrait presque être traduit par un seul mot : l'anxiété 2 ...
Notamment, le besoin de la vitesse et l'intolérance aux frustrations, aux délais indiquent un rapport difficile au temps , et derrière le temps c'est très souvent la mort et la peur de la mort qui se profilent ...
Autrefois, les individus étaient périodiquement confrontés à la maladie, à la folie, à la mort; aujourd'hui, lorsque ces événements surviennent, des spécialistes et des lieux s'en emparent et nous les " cachent " ; à propos de ce rapport contemporain à la mort, on évoque donc une " séquestration de l'expérience" : nous ne sommes plus témoins de ces expériences, donc nous sommes démunis lorsqu'elles nous arrivent ... D'une certaine manière, nous retrouvons la problématique de la prise de risque puisque cette séquestration a des bénéfices à court terme (ne plus être confronté à des expériences déplaisantes) et des coûts à long terme (perte des ressources morales pour faire face aux difficultés de l'existence et y donner un sens) : on vulnérabilise l'individu...
Si nous savons bien nous occuper des " bobos " somatiques d'une population généralement en bonne santé, il en est tout autrement de leur symptomatologie dépressive ... ..Exorcisme sur la route de la violence originelle ou panique anxieuse devant le temps qui passe, la société française aurait bien besoin d'une psychanalyse ...
Dans la société française contemporaine, on vit plutôt plus vieux qu'ailleurs ... une fois qu'on a passé le cap des 65 ans... Par contre, notre pays se distingue par une mortalité prématurée importante : plus qu'ailleurs, on " meurt avant de vieillir " ... Si la qualité de notre système de soins a un impact sur la santé des personnes âgées, il en a beaucoup moins sur celle des jeunes : la situation sanitaire défavorable des jeunes Français s'explique surtout par les déficiences et le retard historique de notre culture de la prévention des comportements à risque. Finalement, dans les conduites à risque des jeunes, il y a celles qui les font mourir immédiatement (les accidents) et celles qui les feront mourir 30 ou 40 ans plus tard (l'initiation à l'alcool et au tabac).
Ces conduites à risque peuvent même annuler les différences en termes de dépenses de santé par habitant, accès aux soins, etc. Si mourir à 80 ans d'un cancer aujourd'hui fait partie, en l'état de la science et de la société, des morts " acceptables ", " inévitables "... mourir sur la route ou perdre une jambe à 18 ans ne l'est assurément pas.
Ces morts auraient été, dans leur immense majorité, " évitables " car il aurait suffi de très peu pour éviter le décès, la frontière étant très ténue, très floue sur la route entre une blessure et la mort : dix kilomètres-heure de moins, un verre de moins, une ceinture ou un casque attachés ... Rien qui ne demande des progrès scientifiques longs, ardus et coûteux ... .De même, la prévention du suicide étant à un stade complètement " embryonnaire ", on ne peut qu'attendre des progrès dans ce domaine ... Mais quel gouvernement est prêt à financer les enjeux qu'elle représente (par exemple en termes de postes d'infirmières et de médecins sco-aires, de psychologues, d'éducateurs et d'animateurs) ? On voit bien que le coeur du problème est plus celui d'une volonté politique et sociale... Nous avons aboli la peine de mort dans les cours de nos prisons, il ne reste plus qu'à l'abolir sur nos routes ... .
D'ailleurs, le paradoxe des causes de mortalité chez les jeunes réside dans le fait que les plus importantes causes ne renvoient pas à des questions biomédicales, mais à des questions sociales, politiques ... qui donc nécessiteront des réponses sociales et politiques ... En effet, le danger aujourd'hui en Occident ne provient plus d'une Nature menaçante car non encore domestiquée (les catastrophes, les microbes) mais des négligences de la société (la pollution, l'alimentation, l'automobile ...) et des pathologies individuelles générées par la perte du sens. Du courage des élus à prendre des mesures parfois impopulaires (telles que l'abolition de la peine de mort...) ou à impulser des choix budgétaires qui permettront réellement les améliorations et de l'implication de chaque citoyen à protéger soi même et son prochain ... " si chacun fait un peu c'est la vie qui gagne " ...
Dr Jean-Pascal Assailly
INRETS. ARCUEIL - France
1) à l'extrême, les jeunes des ghettos noirs peuvent être considérés comme une cible marketing par les vendeurs d'armes et, de manière semblable, nous nous inquiétons de voir que les jeunes Français pour-raient être considérés comme des cibles marketing par les vendeurs de voitures turbo, GTI et les motos de très grosses cylindrées, qui sont des " cercueils roulants " dans les mains de conducteurs novices
2 ) de par notre formation initiale, nous développons ici une approche uniquement psychologique, anthropologique ; certes, nous n'ignorons pas que la consommation de médicaments, les ventes d'alcool ou de voitures puissantes obéissent aussi à d'autres logiques (économiques, politiques de santé, de prescription, lobbying, etc.). Il n'y a pas opposition mais complémentarité entre les diverses approches : pour que le marché fonctionne, il faut qu'il rencontre une demande interne de l'individu
... la " délinquance des jeunes " tant redoutée actuellement semble un phénomène bien mineur dans notre pays par rapport à leurs suicides, les violences auto-infligées par accident, suicide ou toxicomanie l'emportent de très loin sur les violences commises....
Bibliographie
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