Point de Vue sur le Colloque
« Risques et
Ethique ».
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Suite de l'article de présentation de ce colloque
NDLR
Ce colloque, organisé par le Centre National des Risques Industriels (CNRI) en partenariat avec le Groupe SNPE s'est tenu le 22 mai 2003 à l'ENSI de Bourges.
Des intervenants prestigieux et respectueux du temps de parole et de réaction, un animateur précis dans son questionnement et un auditoire participatif, s'accordant sur le principe de réalité que le risque zéro n'existe pas, ont mis en lumière les principaux éléments qui entrent en jeu dans la compréhension, dans la gestion et dans l'évaluation des risques par des personnes qui, de plus en plus nombreuses, se sentent concernées par les situations à risque tout en ayant des formations, des profils, des logiques et des intérêts très divers, parfois contradictoires. C'est dans ce contexte, où la peur &endash;qui n'est pas déraison - est très présente, que l'éthique apparaît comme un support à la fois fédérateur et rassurant. C'est la pratique d'un comportement éthique qui, au niveau individuel et collectif, légitime les décisions prises ; mais ce comportement va-t &endash;il de soi ? comment l'acquérir, comment le transmettre, le communiquer, le rendre concret à travers les actes et les réseaux d'information ? est-il possible de mesurer le comportement éthique, d'en faire des normes ?
Trouver la réponse à ces questions contribue à préparer le futur - futur qui a été présenté à plusieurs reprises comme étant en crise- puisque c'est la pratique d'un comportement éthique qui :
Dans ce contexte, est-il possible et souhaitable de voir naître, en France, un « bureau des valeurs et de l'éthique » qui, sur le modèle Canadien, serait chargé de construire une culture capable de faire évoluer les perceptions du risque ( car le seul débat, par proche qu'il se veuille des citoyens ou des salariés n'est pas en soi une solution), de diffuser les bonnes pratiques en la matière, d'harmoniser les politiques ?
D'un point de vue cindynique, le colloque a mis en évidence et rappelé plusieurs déficits relatifs, notamment, aux modèles et aux règles plus qu'aux faits, objectifs ou valeurs. Parmi ces déficits figurent :
L'élément qui est apparu comme étant en frontière entre le risque et l'éthique et, donc, clé d'une possible évolution en France a été celui de l'acceptabilité. Pour utiliser cette notion, il faut évoluer vers des modèles probabilistes, résoudre ce qui est encore présenté comme une contradiction entre risque « réel » et risque « perçu », se doter de moyens pour mesurer l'acceptabilité afin qu'elle devienne un paramètre des calculs probabilistes. Ce schéma semble prendre appui sur une double représentation du risque : le risque « individuel », dont un exemple serait lorsqu'un opérateur meurt dans un accident et le risque « sociétal », plus large et moins probable, comme par exemple, le nucléaire. Toutefois, quelle est la part de l'organisation du travail dans la mort d'un opérateur ? pouvons-nous dire qu'il s'agit d'un risque individuel seulement parce que la victime est un seul opérateur ? Ne sommes - nous pas en face d'un risque tout aussi « sociétal » même si le périmètre géographique est plus restreint ? Et puis, par quels mécanismes, à quel prix l'acceptabilité deviendrait- elle un facteur clé de la réduction de risques ?
Le prochain colloque du CNRI « Les risques industriels et technologiques : enjeux internes et effets externes » qui se tiendra à Bourges les 16 et 17 octobre prochains sera la meilleure occasion pour approfondir la question de l'acceptable dans ses dimensions techniques, politiques, économiques et culturelles.
Angela Minzoni-Déroche
Conseil de Synthèse.
Administratrice et Membre du Conseil Scientifique de l'Institut Européen de Cindyniques ( IEC)